De nombreuses personnes rapportent qu’une semaine de « Jeûne & randonnée » atténue les symptômes de l’arthrose. Une nouvelle étude suggère que le jeûne pourrait ralentir l’évolution de la maladie en stimulant la mitophagie, le mécanisme par lequel l’organisme élimine les mitochondries endommagées. Cette découverte apporte une nouvelle pièce au puzzle qui pourrait expliquer le soulagement des symptômes constaté.
Une vaste étude observationnelle publiée en 2019 apporte un soutien à l’hypothèse selon laquelle le jeûne exerce un effet bénéfique sur l’arthrose.¹ Parmi les participants souffrant d’arthrose (ou d’autres maladies), 84 % ont constaté une diminution de leurs symptômes pendant le jeûne. Les participants aux stages de « Jeûne & randonnée » rapportent également fréquemment une amélioration de leur symptômes au cours de la semaine. Lorsque les résultats de la recherche et les observations de terrain convergent, il peut être pertinent de les mentionner, même si ces témoignages restent anecdotiques.
L’encadré ci-dessous présente les mesures recommandées par les professionnels de santé pour réduire l’impact de l’arthrose. Une semaine de « Jeûne & randonnée » offre de nombreuses occasions de mettre plusieurs de ces recommandations en pratique.
Une semaine de jeûne et de randonnée, peut-elle avoir un effet positif sur l’arthrose ?
En théorie, oui, car une semaine de jeûne et de randonnée permet de mettre en pratique plusieurs des recommandations de mode de vie mentionnées ci-dessus.
Activité physique. C’est le traitement de première intention contre l’arthrose, et la randonnée constitue l’activité principale du séjour. Du yoga est également proposé certaines semaines.
Perte de poids. La plupart des participants perdent du poids pendant le jeûne, et une perte de poids (en cas de surpoids) est recommandée aux personnes souffrant d’arthrose. Pour en savoir plus, consultez l’article « Dent sucrée ou surpoids - le jeûne peut-il aider? »
Gestion du stress. Une bonne gestion du stress peut soutenir les autres traitements, et une semaine de jeûne et de randonnée constitue une véritable cure antistress. On se déleste de ce qui pèse physiquement et mentalement, tout en passant beaucoup de temps dans la nature.
Jeûne et randonnée dans les Vosges (Alsace, France). Photo : K. Stenberg
Réduction de l’inflammation ? 2) Pendant le jeûne, la glycémie et l’insuline diminuent. L’organisme entre en cétose et puise son énergie dans les réserves de graisse, principalement sous forme de corps cétoniques. L’un d’eux, le BHB (β-hydroxybutyrate), possède des propriétés anti-inflammatoires : il bloque une voie majeure de l’inflammation et réduit la production d’IL-1β, l’un des principaux médiateurs inflammatoires impliqués dans l’inflammation articulaire.
L’expérience clinique suggère également que le jeûne peut atténuer les symptômes de certaines affections inflammatoires chroniques. Paradoxalement, quelques études montrent que certains marqueurs inflammatoires augmentent temporairement pendant le jeûne. Cet effet à court terme ne semble toutefois pas annuler les bénéfices observés à plus long terme. Il faudra davantage de recherches pour élucider ce mécanisme en deux phases.
Autophagie et mitophagie. Il est établi qu’un dysfonctionnement de l’autophagie (y compris de la mitophagie) favorise l’inflammation chronique de faible intensité.³ Ce constat suggère qu’un fonctionnement adéquat de ce mécanisme contribue à limiter l’inflammation.
La recherche a montré depuis longtemps que le jeûne stimule l’autophagie.⁴ Une étude récente associe le jeûne à une mitophagie plus efficace et à une moindre prévalence de l’arthrose.⁵ Voir plus bas.
Équilibre du microbiote ? Un déséquilibre du microbiote intestinal (dysbiose) peut favoriser une inflammation chronique de bas grade et ainsi aggraver l’arthrose.⁶ Des études indiquent que le jeûne pourrait modifier favorablement le microbiote intestinal.⁷ Il n'est donc pas impossible que ce mécanisme contribue à l’amélioration des symptômes observée chez certaines personnes pendant le jeûne. Des recherches supplémentaires sont toutefois nécessaires pour confirmer cette hypothèse.
Que dit la nouvelle étude ?
Une étude publiée l’an dernier dans la revue Biology Communications suggère que la santé des mitochondries pourrait jouer un rôle important dans le développement de l’arthrose, et que le jeûne pourrait avoir un effet bénéfique :« Le jeûne active la mitophagie médiée par l’optineurine dans les chondrocytes afin de protéger contre l’arthrose ».⁵
Les chercheurs ont observé que les personnes souffrant d’arthrose présentaient des niveaux plus faibles d’une protéine appelée OPTN. Cette protéine aide les cellules à éliminer les mitochondries endommagées grâce à un processus appelé mitophagie. Lorsque l’OPTN est déficiente, ce système de nettoyage fonctionne moins bien, ce qui entraîne une accumulation de mitochondries altérées dans les cellules. Cela augmente le stress oxydatif et accélère la mort des cellules du cartilage.
« Le jeûne a activé la mitophagie et aidé les cellules à
maintenir des mitochondries en bonne santé.
Les souris ont alors développé moins d’arthrose. »
Dans des expériences menées chez la souris, les chercheurs ont constaté que le jeûne activait la mitophagie et aidait les cellules à préserver la santé de leurs mitochondries. Les animaux développaient alors une arthrose moins marquée.
En résumé, cette étude suggère que :
- des mitochondries en bonne santé sont importantes pour la santé des articulations ;
- la protéine OPTN aide les cellules à éliminer les mitochondries endommagées ;
- un déficit en OPTN pourrait contribuer à l’apparition et à l’aggravation de l’arthrose ;
- chez l’animal, le jeûne peut stimuler les mécanismes naturels d’élimination des mitochondries défectueuses et ainsi ralentir l’évolution de la maladie.
Les auteurs estiment que l’OPTN et la mitophagie pourraient constituer des cibles intéressantes pour de futurs traitements de l’arthrose. Peut-être cela contribuera-t-il, à terme, à une reconnaissance du jeûne thérapeutique en France?
Les résultats reposent principalement sur des expériences animales ; des recherches supplémentaires sont donc nécessaires avant de savoir si les mêmes effets existent chez l’être humain.
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Le regard du coach de jeûne
Le jeûne est-il une bonne idée lorsqu’on souffre d’arthrose ? Plusieurs études et mécanismes biologiques commencent à éclairer les améliorations observées sur le terrain. Toutefois, davantage de recherches, en particulier chez l’être humain, sont nécessaires pour établir scientifiquement un lien de causalité.
En attendant, on peut constater qu’une arthrose légère à modérée ne constitue pas une contre-indication à une semaine de jeûne et de randonnée. Il est donc tout à fait possible de profiter d’une retraite de jeûne – et de magnifiques randonnées bienfaisantes – que l’on présente ou non les premiers signes d’arthrose.
Kerstin Stenberg/ Coach du jeûne depuis 2014
Contact : kerstin@sten.fr
Sten vitalité www.sten.fr
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SOURCES
1) Safety, health improvement and well-being during a 4 to 21-day fasting period in an observational study including 1422 subjects. Wilhelmi de Toledo et al. PLoS ONE 14(1). Jan 2019
2)
- Ketone body β-hydroxybutyrate blocks the NLRP3 inflammasome-mediated inflammatory disease Youm et al. Nat. Med 2015.
- Unravelling the health effects of fasting: a long road from obesity treatment to healthy life span increase and improved cognition. Wilhelmi de Toledo et al, Ann Med. (2020)
- Revisiting the (anti)inflammatory effects of prolonged fasting: the importance of baseline-dependent responses, Mesnage et al, Frontiers in Nutrition 2025
3)
- Loss of the autophagy protein Atg16L1 enhances endotoxin-induced IL-1β production Saitoh et al Nature 2008. Démontre expérimentalement que l'autophagie ne se limite pas au « nettoyage » des cellules : elle joue également un rôle central dans la régulation des signaux inflammatoires.
- A key role for autophagy and the autophagy gene Atg16l1 in mouse and human intestinal Paneth cells Cadwell et al., 2008 (Nature) Une diminution de l'activité du gène ATG16L1, essentiel au processus d'autophagie, perturbe la barrière intestinale et favorise des anomalies associées à l'inflammation chronique de l'intestin et à la maladie de Crohn.
4) The effect of fasting or calorie restriction on autophagy induction: A review of the literature. Bagherniya et al. Ageing Res Rev. 2018 Nov
5) Fasting activates optineurin-mediated mitophagy in chondrocytes to protect against osteoarthritis. Zhang et al. Communications biology 2025 https://www.nature.com/articles/s42003-025-07541-x
6) Gut microbiome and osteoarthritis. Nature Reviews Rheumatology (2021). Virginia B. Kraus et al.
The role of metabolism and inflammation in osteoarthritis. Ali Mobasheri et al. Nature Reviews Rheumatology (2017).
7)
- The impact of intermittent fasting on gut microbiota: a systematic review of human studies Frontiers in Nutrition (2024) – revue systématique, Paukkonen et al.
- Remodelling of the intestinal ecosystem during caloric restriction and fasting, Ducarmon et al, Trends Microbiology. 2023
8)
- Op cit. Ketone body…Youm et al. Nat. Med 2015.(2)
- The Effect of Low-Carbohydrate and Low-Fat Diets on Pain in Individuals with Knee Osteoarthritis. Strath et al, Pain Medicin 2020
- Nutritional pain relief Dr. Bret Scher, MD, 2019 https://www.dietdoctor.com/nutritional-pain-relief




